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Charlie et la Chocolaterie – Tim Burton

20 septembre 2008

Une adaptation de l’œuvre de Roal Dall formidable. Charlie & la Chocolaterie est une réussite de tous points de vue. Casting parfait, musique irréprochable, dialogues plus conformes à l’esprit du livre, décors immenses, etc. On assiste bien à un Burton, on sent la patte particulière de Tim. Fidèle à ses habitudes, les chansons ont une grande place dans le film, de même que la musique, composée par le grand Danny Elfmann.

Synopsis :

Charlie est un enfant issu d’une famille pauvre. Travaillant pour subvenir aux besoins des siens, il doit économiser chaque penny, et ne peut s’offrir les friandises dont raffolent les enfants de son âge. Pour obtenir son comptant de sucreries, il participe à un concours organisé par l’inquiétant Willy Wonka, le propriétaire de la fabrique de chocolat de la ville. Celui qui découvrira l’un des cinq tickets d’or que Wonka a caché dans les barres de chocolat de sa fabrication gagnera une vie de sucreries.

Mon avis :

On se met ici devant un film extraordinaire. Une des meilleures adaptations de livres que je n’ai jamais vue. Cela tient sans doute au génie de Mr Burton qui instille son grain de folie dans cette œuvre cinématographique magistrale.

On a un casting du tonnerre, une musique composée par Danny Elfmann (bien sûr !), Tim Burton aux commandes… Que demander de plus ? L’ambiance du film est parfaitement réussie.

Un Johnny Depp bien plus qu’à la hauteur de son rôle. Méconnaissable, il se grime ici en maitre chocolatier. Imposant, il attire tous les regards, rempli son rôle à merveille, le joue et l’interprète. On assiste dans ce film à l‘une de ses plus grandes performances à mon avis. Elle se trouve dans la veine de Jack Sparrow du point du vue du répondant, aussi bien que de celui de l’attitude. Il campe son Willy Wonka dans les contradictions. Une fois joueur et désinvolte, une autre, grave, une autre diabolique. Grandiloquent, il se montre une fois de plus à la hauteur de sa réputation. On le retrouve en enfant adulte, génial et fou. Bref, un rôle à la mesure de la démesure du beau Johnny, apprécié par le réalisateur (Edward Aux Mains D’Argent, Sweeney Todd).

Le film développe aussi énormément le thème de la confiance en autrui. Dans le cas présent, autrui correspond à Willy Wonka. Charlie est le seul enfant qui voue une confiance sans borne à Mr Wonka. On peut revoir la scène du chocolat télévisé qui en est une illustration parfaite :

Mr Wonka à Mike : Prends-la !

Mike : Ce n’est qu’une image sur un écran !

Mr Wonka : Trouillard ! (à Charlie) Toi tu vas le faire ! Vas-y ! Etends la main et attrape la.

Et bien entendu, Charlie tend la main, la rentre dans l’écran télé et la ressort avec sa tablette de chocolat. Pourquoi lui ? Parce que lui seul (avec pépé Georges) fait confiance d’une manière absolue à ce chocolatier plus que mystérieux. Les autres enfants n’en font qu’à leur tête, n’écoutent rien et finissent punis par leur propre faute. Je pense notamment à Mlle Sault qui n’écoute que ses désirs les plus matériels, qui vont la conduire, ainsi que son père, dans la benne à ordures gigantesque de la chocolaterie.

Les sceptiques/critiques/chieurs etc. dont je fais partie, pourront aussi remarquer tout de même quelque chose. Lorsque Mr Wonka lance son opération Tickets d’Or, il vient de se relancer dans le commerce du chocolat. Son opération Tickets d’Or, comme on le voit, lance une véritable Ruée au Chocolat Wonka. Bilan, il en vend des dizaines de millions. Les sceptiques/critiques/chieurs etc. vont donc penser qu’il s’agissait uniquement d’une opération marketing et non d’une envie soudaine ou d’une obligation ou de je ne sais quoi.

Charlie : Mr Wonka ?

Mr Wonka : Oui ?

Charlie : Pourquoi avez-vous laissé entrer des gens ?

Mr Wonka : Pour qu’ils visitent la chocolaterie, pardi !

A mon avis, le livre de Roal Dalh (l’œuvre originale) est plein de critiques, de morales en tout genre et on y trouve donc cette stratégie commerciale. Je pense qu’il faut y voir un avertissement ; tout ce qui brille n’est pas forcément de l’or (clin d’œil à Led Zeppelin pour ceux qui auraient pas vu… Stairway To Heaven : There’s a lady who’s sure / All that glitters is gold…).

Il s’agit ici de pures suppositions de ma part, mais on trouve plusieurs choses sur Mr Wonka dans ce film. Tout d’abord, la raison qui l’a poussé à devenir chocolatier. Quelle peut-elle être ? Dans le flash back qui nous ramène dans l’enfance de ce dernier, on assiste à ses tourments causés par un appareil dentaires des plus horribles. Qui n’a jamais porté de bagues ? Tout le monde imagine donc les tourments qu’a du endurer le jeune Willy. De plus, cet appareil lui avait été posé par son père, dentiste de renom. On peut donc supposer un traumatisme psychologique qui l’aurait incité à verser dans les choses haïes par le paternel, à savoir, les confiseries. Malgré ce traumatisme, il partage un seul point commun avec son père (incarné par Christopher Lee) : il porte des gants qui crissent. On s’en rend parfaitement compte lors de la scène des retrouvailles. Je pense, et cela n’engage que moi, que, par ce biais, Willy Wonka essaye de se raccrocher à son père, quoi qu’il puisse en dire. Plus j’y pense, plus cette analyse me parait judicieuse. Toutefois, à chacun de se faire son avis, mais cette analyse donne une profondeur au personnage qui me semble très réelle.

Note générale : 19/20

Sortie : 13 Juillet 2005

Réalisateur : Tim Burton

Scénariste : John August

Musique : Danny Elfman

Casting : Johnny Depp, Freddie Highmore, David Kelly…

Fiche allociné : On clique !

Bien à vous, Loïc

Un commentaire

  1. Superbe chronique, une syntaxe parfaite si je puis me permettent. Je n’avais jamais poussé l’analyse à ce point sur ce film, mais c’est pas tout à fait faux.(c’est même très juste mais je veux pas que tu prennes la grosse tête)C’est sur le trio Tim Burton/Johnny Depp/Danny Elfman est toujours flamboyant. Après je ne comprends pas vraiment pourquoi ils ont changé la fin par rapport au livre mais bon…
    Enfin juste pour dire, merci pour l’article, et continue car tu es bien le seul à encore écrire…



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