
Indochine – La République Des Meteors (2009)
16 mars 2009Plus la peine de présenter Indochine, et si vous connaissez pas, bah allez donc voir sur Wikipedia (C’est là) ! Retour médiatique initié avec Paradize, continué avec Alice & June, confirmé avec La République des Meteors, dans les bacs le 9 mars 2009.
Enregistré à Bruxelle en 2008, cet album est décrit par le groupe comme un album plus brut : les prises de son ont été faites et le son n’a pas été sur-produit par la suite, de même que la voix de Nicola Sirkis, ce qui mène à un album plus authentique. Les textes sont centrés sur le thème de l’absence, de quelque nature que ce soit. Mort, absence de courte durée, éloignement…

On ouvre cette République avec Republika Meteor Ouverture. C’est un son assez fouilli, avec des voix, des cris, de la batterie, des fusillades. Tout ça monte crescendo pour finir sur une sorte de cacophonie qui n’a plus aucun sens et qui s’arrêtre brusquement avant de nous catapulter sur la suite, Go Rimbaud Go !. Un départ au quart de tour, la voix, pas d’intro, on y va ! Des guitares bien lourdes nous posent l’ambiance, la batterie appuie tout ça avec un rythme binaire (à la Meg White, si je puis me permettre), assez répétitif, mais la voix bien mise en avant, sans effets pourtant, attire bien l’attention. Après l’ouverture assez intéressante, je ne suis pas déçu, mais… Je retombe un peu sur mes pieds, je dirais. Comme quoi, Indochine n’est pas un groupe infaillible. La chanson est bonne, attention, j’y adhère moins, simplement. La suite me fait repartir, Junior Song, une petite intro à la guitare acoustique, la voix qui arrive, bien claire, la guitare et la voix restent seules pendant un petit bout de temps, c’est charmant, on sourit, malgré les paroles, assez négatives. On retrouve les claviers vers le milieu de la chansons, avec des sons assez piano électronique. Indochine nous a aussi dégotté un accordéon. Tout ça donne à la chanson une identité particulière qui devrait plaire. On enchaîne ensuite avec le single de l’album, Little Dolls, qui commence par une intro version solo de guitare. Et ça part avec les tambours façon marche militaire, et la voix s’ajoute, la mélodie est imparable, celle du refrain est tellement accrocheuse qu’elle reste dans la tête dès la première écoute. Les paroles, toujours tristes et mélancoliques, sont assez difficiles à appréhender, Nicola reste flou, on ne sait pas vraiment de qui parle la chanson, ni comment : “Même si tu mens, tu seras, tu m’attendras… / Alors, à demain, encore…“. Le voyage Indochinois continue avec Le Grand Soir qui s’annonce très acoustique, sans effets tels que la distorsion. Une mélodie encore une fois très accrocheuse, qui reste dans la tête facilement. Un Ange A Ma Table prolonge cet extase avec le premier duo de cet album. Duo avec Suzanne Combo de Pravda. Le style est très Indochinois à mon avis, c’est convenu, sans être attendu. On reste agréablement surpris. La suivante est une des meilleures de cet album, La Lettre de Métal. Un texte inspiré sans doute par les lettres des Poilus de la Première Guerre Mondiale, un pré refrain qui vous scotche, un refrain qui vous fait pleurer, la chanson est parfaite. La mélodie est LA mélodie, les 6 notes du pré-refrain vous attrapent et ne vous lâchent plus. C’est une balade typique d’Indochine, un clavier présent tout le temps, la guitare saturée sur les refrains, la voix en avant… Le final est bien saturé, les tambours sont très présent, le clavier reste aussi, les choeurs sont là, un final majestueux. C’est un délice à l’état pur. On continue sur le clavier avec Le Lac. L’intro déçoit un peu en ce sens qu’elle ressemble un peu à celle de Justine. Mais la chanson prolonge bien La Lettre de Métal, puisque le clavier est toujours là, même si le ton est un peu plus joyeux. La guitare est présente plus que sur la chanson précédente, et nous emmène pour un petit voyage. La chanson suivante me laisse assez perplexe. Republika est une bonne chanson, elle a un bon rythme, une bonne guitare, plus aggressive que dans le reste de l’album, mais elle ne me touche pas plus que ça. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais je reste sceptique tout de même. Avec Play Boy, on a un retour à un des thèmes favoris de Nicola, l’androginie, l’adolescence et ses problèmes (“Moi quand j’étais un adolescent / J’ai essayé les vêtements de ma mère“). La chanson nous interpelle, on écoute et on apprécie. L World reprend le thème de l’absence, du point de vue d’un couple cette fois. Couple lesbien ? Possible, le titre de la chanson est évocateur. La mélodie est elle aussi très accrocheuse, avec une intro posée, calme au piano voix avec un fond de distorsion. Et là, paf, ça part, et Nicola nous embarque avec une mélodie géniale et une batterie bien appuyée qui nous impose son rythme. Le bon rythme se poursuit sur Je T’Aime Tant, un trio superbe avec Gwen B. et Suzanne de Pravda. La chanson s’annonce très pop avec des cloches et une bonne guitare, on se remue un peu, c’est très plaisant. On embraye avec Bye Bye Valentine, qui nous emmene calmement dans une histoire d’absence toujours. C’est émouvant. Les Aubes Sont Mortes a été écrite par Nathalie Dalain, écrivain de son état. Le texte est très intéressant, la chanson tranche un peu, puisque les guitares sont plus tranchantes, plus aggressives, plus brutes, un peu comme dans Republika. Une superbe chanson, une belle ritournelle pointe son nez. Union War, avec ses petites notes légères, se pose là, s’impose, avec une gaîté musicale en paradoxe avec les paroles qui concernent des jeunes qui partent à la guerre. On notera le très mauvais accent anglais de Nicola tout de même. On arrive à la fin du tracklisting normal avec Le Dernier Jour. La guerre est toujours dans les paroles, mais là, il s’agit de la Deuxième Guerre Mondiale. La fuite est aussi très présente dans la chanson, qu’il s’agisse de la fuite physique(de Berlin Est vers Berlin Ouest) ou de la fuite morale (parce que deux copines). La chanson est entrainante, le refrain aussi. Et c’est la fin de l’album normal.

La République des Meteors est un diamant avec de nombreuses facettes, dont quelques unes sont ébréchées, mais il reste un diamant d’une qualité incontestable. C’est un album taillé pour la scène, à mon avis, avec des titres comme L World ou La Lettre de Métal. On se rend aussi compte que la plupart des textes parlent des deux Guerres Mondiales (La Lettre de Métal, Le Dernier Jour, Union War) et ont sans doute été inspirés par les écrits qui nous ont parvenus. La voix de Nicola est une pure merveille, elle se révèle vraiment sans tous les traitements de la production. Le choix d’Indochine d’inclure de nouveaux instruments tels que l’accordéon ou d’autres comme les tambours (La Lettre de Métal) se révèle très judicieux et donne à l’album une nouvelle dimension, plus étendue, plus large.
Ce onzième album du groupe tient ses promesses, et a dû ravir les grands fans, et satisfaire les amateurs du style. je le recommande sans aucune retenue, il vous plaira sans doute beaucoup, et vous laissera vous remuer les fesses de façon assez magistrale.
Note Générale : 17/20
Recommandés :
Tracklisting :
- Republika Meteor Ouverture – 0:57
- Go Rimbaud, Go! – 4:08
- Junior Song – 3:10
- Little Dolls – 4:38
- Le Grand Soir – 3:43
- Un ange à ma table – 4:20
- La Lettre de métal – 3:42
- Le Lac – 3:30
- Republika – 4:15
- Play Boy – 2:50
- L World – 3:54
- Je t’aime tant – 3:05
- Bye Bye Valentine – 4:42
- Les aubes sont mortes – 4:08
- Union War – 3:18
- Le Dernier Jour – 7:33
Bonus :
Jal’

