
Session Rattrapage #2 : Björk
10 mai 2009Je prends la suite de Axeley dans les Sessions de Rattrapage. Après les White Stripes, je vous propose de changer complètement d’horizon musical, puisque nous allons aller en Islande, chez Björk. La demoiselle, connue pour plusieurs titres comme Jóga ou encore It’s Oh So Quiet n’a évidemment pas fait que ça… Voyons ça de plus prêt.
Le point biographique : Björk Guðmundsdóttir de son vrai nom naît en 1965. Elle baigne dans la musique depuis sa plus tendre enfance, commence le piano et la flûte à l’âge de 5 ans, sort son premier album Björk à l’âge de 12 ans, et à 18 ans, monte son premier groupe, KUKL. Il est ensuite sabordé en 1987 pour devenir les Sugarcubes que Björk quittera en 1992 pour partir vers une carrière solo. Voilà, ça, c’est réglé. Maintenant, les galettes.
Debut (1993) : C’est le premier CD de Björk qu’elle enregistre à Londres avec l’aide d’un DJ anglais, Tom T. L’album est bien reçu, tant par la critique que par le public. Björk obtient des prix dès ce premier album, comme le Brit Awards de la meilleure nouvelle artiste internationale féminine. L’album est fait de rythmes très marqués, de pop, de new age… La plupart des textes sont des textes écrits longtemps avant, durant son adolescence. Le style n’est pas vraiment définissable, c’est du Björk en fait. Considéré comme un très bon premier album, il annonce une suite plus que prometteuse.
Post (1995) : Second album de Björk, dans la lignée du premier. Des textes qui sonnent très bien, Björk sait manier les sonorités de la langue avec une virtuosité jamais égalée à mon sens. Des sons électroniques, novateurs, qui flirtent avec le trip hop, Björk continue ses collaborations avec plusieurs artistes d’horizons différents. En fait, cet album est presque une refonte de Debut, mais en plus abouti. Björk le dit elle même : “Debut et Post, c’est la même chose – mais c’est l’avant et l’après. Le premier a été fait quand j’étais encore vierge musicalement ; le deuxième, alors que j’en savais plus.” Post récolte lui aussi sa masse de récompenses avec pas moins de 5 disques de platine et on y trouve plusieurs des plus grands titres de Björk comme Army Of Me ou Hyper-Ballad.
Homogenic (1997) : Troisième album dans la carrière de Björk, il marque le tournant le plus marquant de sa carrière. Si Debut montrait une jeune fille chétive et timide, si Post montrait une adolescente excentrique, Homogenic montre une femme mature. Cet album est considéré, par les fans comme par la critique de son album le plus abouti et le plus expérimental, et accessoirement, le meilleur. Il s’agit d’un retour à ses racines, puisque tout a été composé pour évoquer l’Islande. A l’image de son nom, les chansons se complètent parfaitement.. Les chansons sont basées sur les mêmes sons électroniques, et sont pourtant toutes différentes à leur manière. Cet album est doté d’une ambiance assez “lourde”, qui donne l’impression d’évoluer dans un petit monde clos de résonances.
Vespertine (2001) : Au contraire de ses autres albums plutôt extravertis, dans celui-ci, Björk crée un univers intimiste, très personnel. Elle collabore cette fois avec un orchestre de chambre et d’un petit chœur, elle aborde des thèmes très personnels. C’est encore un tournant dans sa carrière puisqu’il faut cette fois envisager l’album dans sa globalité. L’atmosphère est froide, évoque l’Islande une fois de plus. Les singles sortis de cet albums sont évidemment accompagnés de clips, mais deux des trois clips sont tellement critiqués qu’ils finissent par ne plus être diffusés (Björk y apparait de plus en plus dénudée).
Medúlla (2004) : Cet album est extrêmement conceptuel. Il est entièrement dédié à la voix humaine. Il est l’album de Björk où l’orchestration est la plus réduite, tout se faisant surtout à la voix. En conséquence, elle s’entoure de plusieurs personnes, dont des choeurs entiers et un beat-boxer. Du fait que les instruments sont moindres, les voix sont utilisées dans toutes leurs possibilités et vont jusqu’à être traitées et déformées par ordinateur. Contre toute attente, cet album spécial au possible se vend très très bien. L’ambiance qui ressort de l’album est totalement différente, très dérangeante au début, et presque addictive sur la fin.
Volta (2007) : Cette fois, Björk se dégotte Timbaland pour l’aider aux percussions et aux arrangements musicaux. Ce CD est bien moins cérébral que les deux précédents, et sonne plus enjoué, plus extraverti. Björk, sans faire un retour à ses débuts, revient un peu à ses sonorités d’origine, auxquelles elle ajoute la touche de maturité acquise en 10 ans de carrière. Tout est plus sauvage, plus “terrestre”, plus tribal. Plus techno aussi, plus aggressif en fait, le tout accentué par une batterie de cuivres que l’on retrouve tout au long de l’album.

