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Epica – Design Your Universe (2009)

11 octobre 2009

Les Hollandais reviennent pour un quatrième opus, annoncé comme encore plus mûr, encore plus maitrisé, encore plus grand. Design Your Universe succède à The Divine Conspiracy, deux ans après. Le line-up est un peu différent, le batteur a changé pour un grand pro du death et le guitariste a tiré sa révérence et a été remplacé par un autre bonhomme tout aussi talentueux.

Cet album est ambitieux et tout aussi complexe que The Divine Conspiracy. Le ton est donné dès le départ, à savoir : encore plus orchestral et encore plus puissant. Cela étant dit, allons-y pour le décorticage.

Samadhi (“établissement dans l’éveil” en hindou) ouvre l’album. La piste confirme la supériorité écrasante du groupe de Mark Jansen en ce qui concerne les intros orchestrales. Cette intro est incroyablement puissante et profonde. Deux voix se donnent une pseudo réplique, c’est très typé BO, ça ouvre l’album de façon assez imposante. Resign to Surrender enchaîne directement, sans pause. Et Epica prend véritablement le dessus. Les chœurs, les grunts, la voix de Simone poussée dans les aigus, la guitare ultra saturée… Les passages agités et les passages calmes alternent sans cassure et la chanson est très bien produite. Resign To Surrender contraste beaucoup avec Samadhi mais c’est ça qui est intéressant. Deux facettes l’une après l’autre, et surtout, le retour véritable de Epica.  Ce retour se confirme avec une chanson un peu plus facile d’accès, à savoir le single Unleashed. La chanson est bien, assez simple d’accès, mais reflète tout de même bien le nouveau Epica. Plus orchestral et plus de chœurs, puisque le début n’est fait que de ça. La batterie plus orientée death interpelle au début, mais s’intègre finalement très bien dans la chanson. Et encore une fois, les passages agités alternent avec un peu de calme sans problème.

Martyr Of The Free World s’annonce ensuite. Le ton est donné dès le début. La chanson sera violente, agitée et cruelle. La guitare te déchire les oreilles, la batterie appuie tout ça. Ça devient martial avec une guitare bien métallique et une batterie encore plus marquée. Et la voix de Simone qui en joue avec la plus grande des virtuosité. On sent une sorte de vice dans cette voix, qui colle très bien à la piste. Et le refrain s’annonce sur “…and the martyr… Of the FREE WORLD !” chanté par Simone qui est secondée par les grunts et parle chœur masculin. La chanson est complexe, véritablement. Mark et cie nous ont ficelé là un bijou de symphonic metal avec un solo d’une difficulté assez inouïe. Le CD nous propose ensuite Our Destiny. Le calme du début contraste avec les envolées lyriques des pré-refrains et des refrains. La voix de Simone revient à ses racines opéra avec quelques grunts pour la seconder. Le refrain et les couplets sont très différents, mais l’alchimie se fait et tout fonctionne pour nous donner sans doute aucun une des meilleures chansons de cet album, avec sa mélodie compliquée et ses différences de style internes (un début plutôt calme, des refrains qui prennent de l’ampleur, et l’apogée de la chanson vers les 4.00 où Simone et un chœur entier se mettent ensemble.).

On passe sur Kingdom of Heaven. 13 minutes de musique. A l’introduction arabisante et éthérée succède un couplet dont la descente de guitare, saccadée et technique à souhait, s’avère d’une efficacité redoutable. Mais plus on avance dans le morceau, plus la structure de celui-ci nous déboussole jusqu’à devenir inextricable. Jamais Epica n’a été aussi complexe, allant jusqu’à proposer un break progressif voire expérimental et qui pourtant s’intègre très bien à l’ensemble. On restera sans doute surpris, interloqués voire même complètement sceptiques, mais on finira par comprendre et se rendre compte de l’ambition et du génie de ce pavé musical. Epica nous confie ensuite un interlude, de la même manière que sur la Divine Conspiracy. The Price Of Freedom est pourtant très très déroutant. Des extraits de discours de Martin Luther King, de Malcom X et autres grands leaders sont posés par dessus des parasites sonores et un clavier très sombre, très angoissant. L’intermède s’étoffe un peu avec quelques petites poussées orchestrales et finit par monter en flèche et passer à Burn To A Cinder, avec des grosses guitares saturées et des mélodies orientales. Simone se débrouille très bien, accompagnée par les guitares et le chœur. On ressent les influence de l’ancien Epica, elles sont assez marquées même si elles restent discrètes et plutôt écrasées par le pas de géant fait vers l’avant par Epica.

La seule balade de l’album prend la suite, Tides Of Time. Elle est un peu dans la carrure de Solitary Ground, très douce, et peut être un peu trop sucrée. Elle serait presque trop balade, et presque hors de ce qu’on pourrait attendre d’Epica… Elle surprend beaucoup, mais elle permet à Simone d’exploiter pleinement ses techniques d’opéra. Le milieu de la piste est chanté à une hauteur rarement atteinte par Simone et la fin commence à se remuer un peu. Le mou du genou du début est oublié et Epica se ressent véritablement dans cette piste, enfin. Deconstruct innove avec une intro presque joyeuse à laquelle succède un couplet rythmé, et une chanson assez facile d’accès. Le riff est efficace, le chant est accrocheur, les grunts sont parfaitement intégrés, c’est accessible, et surtout imparable. Encore une chanson réussie à mettre au palmarès de la formation hollandaise. Semblance Of Liberty commence violemment, avec un riff agressif, et des grunts tout aussi agressifs, le tout sur fond de petit clavier lancinant. La chanson est très complète, beaucoup de grunts, un rire diabolique en plein milieu, des riffs et des solos chiadés et surtout, une fin en crescendo, la piste se fini sur un véritable martèlement de guitare et de batterie, c’est encore une réussite.

On arrive à l’avant dernière chanson de l’album, White Waters, en duo avec Toni Kakko de Sonata Arctica. Intro calme à la guitare avec quelques petites poussées de chant par Simone, discrètes et éthérées. Un instrument à vent prend la suite, c’est toujours aussi calme, et reposé, avec cette fois, un peu plus de voix de Simone. Et le chant véritable arrive enfin avec Toni. Sa voix s’accorde à celle de Simone aussi bien que celle de Roy Khan de Khamelot (Trois Vierges sur Consign To Oblivion, ou The Haunting sur  The Black Halo par Khamelot) et la chanson est une petite perle. Elle est calme est imposante. Et enfin, vient la clôture de l’album. Le voyage à travers notre univers à construire touche à sa fin, avec Design Your Universe. Le title song est très correct, parvient même à nous surprendre. Simone et Mark alternent encore une fois leurs lignes de chant, et malgré une longueur honorable, mais point trop, la chanson peine un peu à convaincre. On en ressort heureux, mais pas que. Il nous manque un petit quelque chose.

Cet album est une suite très honorable aux trois premiers albums. Et cet album est véritablement celui de la consécration. Le style d’Epica a fait un pas en avant, un pas de géant. A l’opposée de groupes comme Within Temptation qui utilisent la guitare pour soutenir les orchestrations, la formation néerlandaise utilise les guitare comme des instruments à part entière. Cet album en note justement l’avènement avec une quantité de riffs et de solos incroyables, et tous meilleurs les uns que les autres. Quant aux voix, il n’y a rien à redire. Simone a encore acquis en maturité et en maîtrise de sa voix, Mark est plus présent, c’est un pur bonheur. Enfin, les paroles sont encore des paroles qui signifient quelque chose. Epica reste fidèle à lui même avec cette habitude de dédier ses albums à quelque chose. Cette fois ci, cet album est dédié à notre capacité à construire nous même notre vie, à en décider les tenants et aboutissants. Les paroles abordent plusieurs thèmes, dont la manipulation des opinions.

Note Générale : 19/20. #L’album de la maturité & de la consécration. Une évolution indéniable, une maitrise presque parfaite, une force de conviction fabuleuse.

Unleashed

Jal’

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