Les Hollandais utilisent leur capacité à faire de belles acoustiques pour nous faire patienter en attendant le nouvel album en 2010/2011. Alors ils sortent An Acoustic Night At The Theater, résultat de la tournée acoustique faite dans les théatres aux Pays Bas. On retrouve donc onze chansons, plus le single de cet album, Utopia, fait en featuring avec Chris Jones.
L’ambiance qui se dégage de l’album est une ambiance très zen, très calme, quoi de plus étonnant ? On redécouvre la plupart des chansons, comme Stand My Ground, qui de chanson assez énergique devient presque une petite balade. Certaines chanson restent fondamentalement les mêmes, et d’autres ne sont pas si inédites que ça puisque on a pu les entendre par ci par là, au gré des bonus et des rééditions des albums précédents… On remarquera quand même que sur onze chansons, on en trouve quatre du dernier album, The Heart of Everything. Toujours est-il que Caged(et quelle version ! Superbe !), Pale ou encore Frozen font partie du tracklisting.
Au niveau des prestations, on ne peut pas dire grand chose. C’est irréprochable, c’est exécuté de main de maître, on pourrait peut être même se demander si il n’y a pas eu un ré-enregistrement des voix, quoique… C’est très bien fait, voilà tout ce que l’on peut dire.
Par contre, abordons maintenant le côté “reproches”. On peut être déçu du fait que, au vu des teasers VIDEO, cet album ne soit qu’un album et non pas un DVD comme le Black Symphony… Car oui, cela avait l’air vraiment très intimiste, très très réussi… Et pour finir, on peut encore regretter que cet album surfe encore sur The Heart if Everything… Un album, plus des bonus sur les singles, plus un live SYMPHONIQUE plus un live acoustique, ça commence à faire beaucoup, maintenant, on abandonne le filon là.
Note générale :14/20#On commence à se lasser quand même… Et les versions ne sont plus si inédites… Un bon moment de détente en tout cas.
La jeune (et jolie – non pas de pub sur ce blog, ça serait mal !) Marina définit son groupe comme tel : “I am Marina, and you, public, are the diamonds. We are Marina & the Diamonds.” Voilà une belle parole ! Trève de blabla, Marina et ses musiciens sont programmés au festival des Irockuptibles, le dimanche 8 novembre au soir à la Cigale. Pour vous pousser à aller la voir, je vais décortiquer un coup l’EP que la miss nous sort dans un peu moins d’un mois.
The Crown Jewels (référence à la Couronne d’Angleterre) se compose de 4 titres. Il est incorrect de dire que la demoiselle est dotée de génie, mais il est indéniable qu’elle est très talentueuse. Cela n’est pas à prouver, puisque d’un clavier et d’une basse principalement, elle arrive à faire des airs qui rentre dans la tête sans en ressortir… I Am Not A Robot en est un bon exemple, la chanson est rythmée, et portée par la jolie voix de Marina. Et la mélodie vous rentre dans la tête. Bingo, un point pour la formation de l’Anglaise. Seventeen prend la suite et confirme cette propension à obséder les cerveaux puisque l’intro, simple à en crever, vous hantera un certain temps, avant que le refrain prenne sa place, en fait. La ligne The rise of a King, and the fall of a Queen surtout, vous trottera longtemps, très longtemps dans la tête. Simplify s’annonce autrement sur une petite intro fredonnée et une fois de plus, la mélodie gentillette et sucrée nous harcèle. Même si cette mélodie nous rentre moins dans la tête. La chanson est un peu plus plate que les autres, elle se démarque moins. Et la fin de l’EP est faite d’un remix de la première chanson par Starsmith 24 Carrat. Remix très réussi qui donne à la chanson une dimension un peu plus electro qui lui convient aussi très bien par ailleurs…
La pop de la demoiselle est très rafraichissante, de la pop sucrée, dans le registre de Sliimy peut être, mais à 1000 lieues de ce (cher) Français. Oui, les Anglais semblent bien être les dieux de la pop. Niveaux influences, bien que Marina ne se réclame de personne, on peut tout de même sentir une grosse pointe, une très grosse pointe de Kate Bush dans sa musique, ainsi qu’un soupçon de Björk… Oui, mademoiselle Marina se permet de placer ses envolées assez magistrales sur de la musique inspirée de maîtres du genre.
Il faut aussi noter pour ceux qui ont aimé que Marina a une bonne dizaine d’autres tubes à son actif, tous sortis hors albums/EP/autre, donc Obsessions, une ballade superbe sur le thème des obsessions féminines, à cause de mauvais choix. Et ce morceau est un véritable bijou, c’est – à mon avis – le meilleur de Marina à ce jour.
Les Hollandais reviennent pour un quatrième opus, annoncé comme encore plus mûr, encore plus maitrisé, encore plus grand. Design Your Universe succède à The Divine Conspiracy, deux ans après. Le line-up est un peu différent, le batteur a changé pour un grand pro du death et le guitariste a tiré sa révérence et a été remplacé par un autre bonhomme tout aussi talentueux.
Cet album est ambitieux et tout aussi complexe que The Divine Conspiracy. Le ton est donné dès le départ, à savoir : encore plus orchestral et encore plus puissant. Cela étant dit, allons-y pour le décorticage.
Samadhi(“établissement dans l’éveil” en hindou) ouvre l’album. La piste confirme la supériorité écrasante du groupe de Mark Jansen en ce qui concerne les intros orchestrales. Cette intro est incroyablement puissante et profonde. Deux voix se donnent une pseudo réplique, c’est très typé BO, ça ouvre l’album de façon assez imposante. Resign to Surrender enchaîne directement, sans pause. Et Epica prend véritablement le dessus. Les chœurs, les grunts, la voix de Simone poussée dans les aigus, la guitare ultra saturée… Les passages agités et les passages calmes alternent sans cassure et la chanson est très bien produite. Resign To Surrender contraste beaucoup avec Samadhimais c’est ça qui est intéressant. Deux facettes l’une après l’autre, et surtout, le retour véritable de Epica. Ce retour se confirme avec une chanson un peu plus facile d’accès, à savoir le single Unleashed. La chanson est bien, assez simple d’accès, mais reflète tout de même bien le nouveau Epica. Plus orchestral et plus de chœurs, puisque le début n’est fait que de ça. La batterie plus orientée death interpelle au début, mais s’intègre finalement très bien dans la chanson. Et encore une fois, les passages agités alternent avec un peu de calme sans problème.
Martyr Of The Free Worlds’annonce ensuite. Le ton est donné dès le début. La chanson sera violente, agitée et cruelle. La guitare te déchire les oreilles, la batterie appuie tout ça. Ça devient martial avec une guitare bien métallique et une batterie encore plus marquée. Et la voix de Simone qui en joue avec la plus grande des virtuosité. On sent une sorte de vice dans cette voix, qui colle très bien à la piste. Et le refrain s’annonce sur “…and the martyr… Of the FREE WORLD !” chanté par Simone qui est secondée par les grunts et parle chœur masculin. La chanson est complexe, véritablement. Mark et cie nous ont ficelé là un bijou de symphonic metal avec un solo d’une difficulté assez inouïe. Le CD nous propose ensuite Our Destiny. Le calme du début contraste avec les envolées lyriques des pré-refrains et des refrains. La voix de Simone revient à ses racines opéra avec quelques grunts pour la seconder. Le refrain et les couplets sont très différents, mais l’alchimie se fait et tout fonctionne pour nous donner sans doute aucun une des meilleures chansons de cet album, avec sa mélodie compliquée et ses différences de style internes (un début plutôt calme, des refrains qui prennent de l’ampleur, et l’apogée de la chanson vers les 4.00 où Simone et un chœur entier se mettent ensemble.).
On passe sur Kingdom of Heaven. 13 minutes de musique. A l’introduction arabisante et éthérée succède un couplet dont la descente de guitare, saccadée et technique à souhait, s’avère d’une efficacité redoutable. Mais plus on avance dans le morceau, plus la structure de celui-ci nous déboussole jusqu’à devenir inextricable. Jamais Epica n’a été aussi complexe, allant jusqu’à proposer un break progressif voire expérimental et qui pourtant s’intègre très bien à l’ensemble. On restera sans doute surpris, interloqués voire même complètement sceptiques, mais on finira par comprendre et se rendre compte de l’ambition et du génie de ce pavé musical. Epica nous confie ensuite un interlude, de la même manière que sur la Divine Conspiracy. The Price Of Freedomest pourtant très très déroutant. Des extraits de discours de Martin Luther King, de Malcom X et autres grands leaders sont posés par dessus des parasites sonores et un clavier très sombre, très angoissant. L’intermède s’étoffe un peu avec quelques petites poussées orchestrales et finit par monter en flèche et passer à Burn To A Cinder, avec des grosses guitares saturées et des mélodies orientales. Simone se débrouille très bien, accompagnée par les guitares et le chœur. On ressent les influence de l’ancien Epica, elles sont assez marquées même si elles restent discrètes et plutôt écrasées par le pas de géant fait vers l’avant par Epica.
La seule balade de l’album prend la suite, Tides Of Time. Elle est un peu dans la carrure de Solitary Ground, très douce, et peut être un peu trop sucrée. Elle serait presque trop balade, et presque hors de ce qu’on pourrait attendre d’Epica… Elle surprend beaucoup, mais elle permet à Simone d’exploiter pleinement ses techniques d’opéra. Le milieu de la piste est chanté à une hauteur rarement atteinte par Simone et la fin commence à se remuer un peu. Le mou du genou du début est oublié et Epica se ressent véritablement dans cette piste, enfin. Deconstructinnove avec une intro presque joyeuse à laquelle succède un couplet rythmé, et une chanson assez facile d’accès. Le riff est efficace, le chant est accrocheur, les grunts sont parfaitement intégrés, c’est accessible, et surtout imparable. Encore une chanson réussie à mettre au palmarès de la formation hollandaise. Semblance Of Liberty commence violemment, avec un riff agressif, et des grunts tout aussi agressifs, le tout sur fond de petit clavier lancinant. La chanson est très complète, beaucoup de grunts, un rire diabolique en plein milieu, des riffs et des solos chiadés et surtout, une fin en crescendo, la piste se fini sur un véritable martèlement de guitare et de batterie, c’est encore une réussite.
On arrive à l’avant dernière chanson de l’album, White Waters, en duo avec Toni Kakko de Sonata Arctica. Intro calme à la guitare avec quelques petites poussées de chant par Simone, discrètes et éthérées. Un instrument à vent prend la suite, c’est toujours aussi calme, et reposé, avec cette fois, un peu plus de voix de Simone. Et le chant véritable arrive enfin avec Toni. Sa voix s’accorde à celle de Simone aussi bien que celle de Roy Khan de Khamelot (Trois Vierges sur Consign To Oblivion, ou The Haunting sur The Black Halo par Khamelot) et la chanson est une petite perle. Elle est calme est imposante. Et enfin, vient la clôture de l’album. Le voyage à travers notre univers à construire touche à sa fin, avec Design Your Universe. Le title song est très correct, parvient même à nous surprendre. Simone et Mark alternent encore une fois leurs lignes de chant, et malgré une longueur honorable, mais point trop, la chanson peine un peu à convaincre. On en ressort heureux, mais pas que. Il nous manque un petit quelque chose.
Cet album est une suite très honorable aux trois premiers albums. Et cet album est véritablement celui de la consécration. Le style d’Epica a fait un pas en avant, un pas de géant. A l’opposée de groupes comme Within Temptation qui utilisent la guitare pour soutenir les orchestrations, la formation néerlandaise utilise les guitare comme des instruments à part entière. Cet album en note justement l’avènement avec une quantité de riffs et de solos incroyables, et tous meilleurs les uns que les autres. Quant aux voix, il n’y a rien à redire. Simone a encore acquis en maturité et en maîtrise de sa voix, Mark est plus présent, c’est un pur bonheur. Enfin, les paroles sont encore des paroles qui signifient quelque chose. Epica reste fidèle à lui même avec cette habitude de dédier ses albums à quelque chose. Cette fois ci, cet album est dédié à notre capacité à construire nous même notre vie, à en décider les tenants et aboutissants. Les paroles abordent plusieurs thèmes, dont la manipulation des opinions.
Note Générale : 19/20.#L’album de la maturité & de la consécration. Une évolution indéniable, une maitrise presque parfaite, une force de conviction fabuleuse.
On est presque en Octobre, alors les albums de Epica (Design Your Universe – 16 Octobre) et de Within Temptation (An Ascoutic Night At The Theater - 23 Octobre) doivent bien avoir un minimum de promotion. Alors pour Epica, on sort le single Unleashed assorti d’un clip, et pour Within Temptation, on sort Utopia, en featuring avec Chris Jones, assorti d’un clip, bien évidemment.
Epica – Unleashed
Le message est clair, Epica a grandi. L’orchestration est encore plus imposante que sur leur album précédent, The Divine Conspiracy, les techniques sont plus matures, la voix de Simone est meilleure, que du bon. L’entrée en matière directe avec les chœurs montre bien la volonté du groupe de passer aussi sur du grandiose, en utilisant tout ce qui peur être mis à leur disposition. On sent l’influence des deux nouveaux membres du groupe, un batteur orienté death et un guitariste, dans la “violence” de la compo.
Le clip en lui même est commun aux autres, à savoir une histoire mise en parallèle avec le groupe. Cette fois, l’histoire est bien compliquée, je n’y ai rien compris. Mais le clip en lui même est bien réalisé, et esthétiquement très bien.
Ce single, avec clip, succède donc à Never Enough, plutôt commerciale. Ce titre reste du Epica, de bon niveau, avec quand même les concessions dues au single, à savoir aucun grunt, et une compo musicalement plutôt soft. Du bon single tout de même, qui augure un bon album aussi !
A savoir : Epica en concert à l’Elysée Montmartre en Novembre, les 20 & 21.
Within Temptation – Utopia (ft. Chris Jones)
Malgré mon enthousiasme, je reste sceptique. Oui, le single est très différent du Within Temptation que je connaissais. Même si leur dernier album , The Heart Of Everything, avait amorcé un tournant stylistique, là, je trouve que ce tournant est bien trop consommé. La guitare saturée est presque absente, l’orchestre est inexistant, tout cela se tourne trop vers la pop je trouve. Le single est bien, mais ce n’est PAS du Within Temptation selon moi, la voix de Sharon mise à part, et peut être les thèmes des paroles. Je sais bien que ce single annonce An Acoustic Night At the Theater et que donc, il est censé être plus acoustique, je reste sur la défensive.
Scepticisme, donc, mais quand même, le single est correct. Mais commercial ! Enfin, Sharon et Chris Jones se sont trouvés sur le CD de Armin van Buuren, qui n’est pas le Grand Prêtre de la musique non commerciale… A voir donc.
Très chers lecteurs, je vous présente le tant attendu troisième album des Kings Of Convenience. Il est néanmoins difficile à croire qu’il y en ai eu si peu depuis la création du groupe en 1999 -premier album 2001-, alors que d’autres en sont déjà à leur 6eme. Mais ce qu’il faut savoir c’est que KoC est avant tout la réunion de deux artistes indépendants l’un de l’autre et pourtant si complémentaire qu’il est difficile d’oublier, même à travers leur projet solo(WBA et Kommode), leur symbiose totale. Ainsi, Erlend Øye et Eirik Glambek Bøe reprennent leur activité commune 5 ans après le sublime Riot on an Empty Street. Toujours aussi efficace Declaration Of Dependance, se dévoile sans obstacle, nous laisse le temps d’observer, d’écouter les subtilités à notre rythme sans jamais nous brusquer. Prendre son temps, savourer, sentir les vibrations des voix, des guitares, ou encore, des violons presque Sakamotoien, telle est l’essence des Kings Of Convenience. A quoi bon se presser alors que tout peut être si beau quand on prend le temps d’observer? Declaration Of Dependance est lent, certes, mais ce n’est pas cela qui le résume le mieux car c’est avant tout l’harmonie des rythmes tantôt enjoués tantôt mélancoliques qui font de cet album un objet précieux, une pièce unique de sa collection.La simple pochette , nous laisse rêveur. Bien sur, ils n’ont pas réinventés la musique, bien sur, vous avez du déjà entendre ce son quelques part là, mais n’est-il pas la façon dont on le travaille qui mérite notre attention? Je vous le dis, Kings Of Convenience est un grand groupe et ce dernier album ne fait que nous l’affirmer. Entre titres fars (Mrs. Cold, Boat Behind) et ballades enchanteresses (Scars On Land,24-25 …), l’alchimie est parfaite. Les voix s’accordent toujours avec une perfection remarquable, provocant une rafale de frisson dévastatrice. A l’instar des deux précédents albums, certaines chansons ne marqueront pas mais d’autres resteront gravées à vie. Ainsi les Kings Of Convenience continuent leur route, à leur rythme, à leur manière. Une déclaration de dépendance pas vraiment ; ca serait même le contraire.
Note générale : 15/20 # L’album est sublime mais peut-être manque-t-il encore quelques hymnes pour me faire fondre totalement.
Voici Secondstar alias Liam Carey. C’est à l’occasion de la sortie de son nouvel EP “Teeth” (téléchargeable gratuitement sur son site-voir plus bas-) que j’ai eu l’occasion de découvrir ce jeune artiste très prometteur. Je pourrais longuement vous en parlez mais Liam Carey le fait bien mieux que moi, et voici ses mots :
‘Teeth’ spent a long time in my head before it came around. i lived and worked in paris for a year while writing and recording most of this EP/album (as well as a follow-up soon to be released) – it was crazy amazing. i grew up with a french mom, so i’d spend my summers with family in france. it’s a weird feeling to have a foot in more than one world – like you never really belong anywhere. so spending a year in paris was gratifying as a way to zip up different parts of myself. I guess this EP ‘Teeth’ is kind of a bridge from an older time of more tragic songs, to today, with more pop-influenced songs.
[♥♥♥♥♥] Secondstar – Teeth
“Teeth” est un voyage unique. La voix est extraordinaire, les mélodies délicates et dangereusement efficaces. Il entame sa traversée grâce “Ravens” qui, à travers ces claquement de mains, glisse sa douce mélodies et ses chœurs vibrants . La voix de Liam Carrey qui, en apparence parait délicate, sur le fil, se révèle d’une puissance insoupçonnable. On est surpris, presque ému, on se met en confiance et se laisse emporter plus loin avec “Kites & Arrows“. Les sifflements et les élans de voix à la Vedder sont cruellement entêtants. Les paroles sont posées, réfléchis et s’accordent à merveille avec une mélodie pire qu’addictive. “I was not made for this world, but I was made for you“. On se replonge en mer avec l’aérien(ou aquatique..) “Tied To The Mast“. L’immersion est total, le rythme est lent, la voix planant et l’on ne parle plus de ces chœurs merveilleux qui vous refile des frissons aussi sec. “Pieces” se révèle être une petite merveille. Toujours aussi facile d’accès, “Teeth” ne se dévoile qu’à partir du 4eme morceau, nous faisant réalisé que Secondstar, c’est bien plus que de jolies mélodies, il y a quelque chose derrière, quelque chose d’inexplicable. Pieces s’achève, alors que l’on à peine entre-entendu, et c’est “Great Machine” qui prend la relève et qui ,par ailleurs, clôture en beauté “Teeth”. Un excellent Ep donc, qu’on retiendra bien au chaud dans un coin privilégié de notre discothèque, car, on entendra parler de ce jeune homme dans les mois à venir, je peux vous l’assurer, que ce soit tenu pour dis!
Telepathe, ou le groupe discret de 2009. Des singles, des clips, un album, mais un succès plus que restreint, sauf dans certaines sphères de la hype. C’est bien triste, il faut dire, puisque Dance Mother est un très bon album qui regorge d’influences intéressantes. 9 pistes martiales, très caractérielles, qui s’imposent sans vraiment faire de concessions.
Les pistes sont pourtant assez longues, une moyenne de 5 minutes, mais défilent sans qu’on y fasse vraiment attention tant l’album reste uni, malgré de grandes disparités entre les morceaux. C’est une sorte de porte d’entrée sur un univers sombre avec de grandes touches de couleurs très rares qui jalonnent une sorte de chemin dans les chansons. Il suffit juste de se laisser porter et d’écouter tout ce que Telepathe nous raconte.
Les pistes sont très caractérielles, elles sont inédites en fait. Malgré la masse musicale existant, je n’avais jamais entendu quelque chose ressemblant de près ou de loin à Telepathe. Toutes les basses sont très marquées mais le tout reste très aérien le plus souvent comme sur Drugged avec quand même quelques pistes très telluriques comme Lights Go Down. Les titres s’enchaînent sans réel arrêt et nous entraînent bien dans le voyage intérieur décrit au-dessus. Toutes les paroles relèvent d’une écriture automatique, presque instinctive, comme des bouts de conscience passés sur le papier.
L’album reste pourtant très uni, malgré les grandes différences de chansons puisqu’elles ne se ressembles pas vraiment, Devil’s Trident étant sans doute une des plus réussie.. Le tout est très mécanique, et le duo des deux jeunes filles rend très bien sur scène selon plusieurs magazines comme les Inrocks ou encore le NME. Il fait d’ailleurs noter que ce sont leurs perfs scéniques qui ont propulsé les deux nanas sur le devant de la scène.
Note générale : 17/20. #L’album est vraiment une bête musicale. il nous emmène là où il veut, comme il le veut. Il est réussi en somme.
Après le fantasque et très ambitieux Anywhere I Lay My Head, on se rend compte fin 2008 que la blonde Scarlett nous avait fait un album dans le dos avec Pete Yorn, folkeux de son état. Et oui, elle n’a pas hésité, et avait enregistré son album Break Upen 2006. Il était resté au fin fond d’un tiroir pendant deux ans pour finalement sortir en septembre 2009.
Et bien il faut dire que si elle nous l’avait caché, il y avait peut être une raison. Cet album est une réussite sur tous les points. Léger, solaire, folk. Le tout est une sorte de duo géant entre Pete Yorn et Scarlett Johansson à la Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg. Ambitieux, mais pourtant très simple dans sa réalisation et très simple dans le résultat final. L’album est une perle de simplicité et ne demande pas vraiment une attention énorme. Ce qui est bien plus agréable qu’une attention intense pour comprendre un album.
10 pistes, 10 moments de détente. Tout reste très naturel, mais certaines pistes sont quand même un peu remplies de disto, on pourra retenir …, tandis que d’autres, comme Search Your Heart, reste acoustiques et très entêtantes (Don’t blame me for your trou-ou-ble-e ♪). Le premier single, accompagné d’un clip, est le grand Relator. Il annonce très très bien la couleur de l’album puisque la piste est un vrai duo entre les deux où Scarlett n’est pas réduite à faire les backing vocals. Le duo est vraiment bien fait, les deux s’alternent et donnent un single imparable. Le clip, lui a par contre été tourné récemment, puisque, attention, Scarlett est rousse dedans. CQFD. On trouve aussi un morceau d’une simplicité folle qui raconte une vie amoureuse sans chichi et qui reste aussi dans la tête. J’ai nommé Blackie’s Dead.
Toutes les pistes sont écrites par Pete Yorn, sauf une seule. La seule collaboration de Scarlett dans ce projet a été sa voix, contrairement à son précédent album, Anywhere I Lay My Head, dans lequel, aidée par Bowie et Sitruk, elle donnait son avis sur la façon dont les chansons de Waits étaient reprises. On a en fait une sorte de retour en arrière avec cet album puisque Scarlett donne juste sa voix à Pete Yorn. On constate tout de même que la voix de Scarlett est restée la même, rauques et avec des fausses notes qui sont sans doute la base de la musique moderne. Il suffit de regarder les Blink 182 (RIP) ou les Offspring. Ou encore Rose. Ou même Julien Doré. Les fausses notes semblent bien plus acceptées de nos jours, ce qui n’est pas plus mal.
Note générale : 16/20. # L’album est plus qu’agréable à écouter, et, bizarrement, me fait penser au film Up… c’est sans doute du point de vue émotionnel, puisque je trouve qu’il est de la même intensité que le film.
School of 7 Bells, ou le voyage tibétain/népalais en direction de Katmandou. Oui, en voilà une intro qu’elle est bizarre. Mais c’est quand même ça, puisque Alpinismsdes School of 7 Bells me fait vraiment l’effet d’un voyage un peu initiatique vers Katmandou. [A lire : Les Chemins de Katmandou, de René Barjavel.]
School of 7 Bells nous livre donc Alpinisms. 11 titres, une bonne homogénéité. Pas de ressemblances entre les morceaux, mais une bonne unité qui fait le voyage en lui-même. On le commence avec Iamundernodisguise qui nous plonge rapidement dans l’ambiance, quelque chose d’aérien, mais avec un poids tout de même. La mélodie se retient et entête avant de s’éteindre et de nous laisser continuer avec Face to Face on High Place. Les percussions sont là et posent un rythme marqué qui lance la chanson. Les voix des deux demoiselles sont toujours aussi éthérées et un peu retouchées. Mais ça colle, la mayonnaise prend, pour le peu qu’on soit un peu dans le trip voyage à Katmandou. Après tout cela, Half Asleeps’annonce et nous repose un peu. L’ambiance est un peu moins lourde, on a monté un bout de la montagne avant d’arriver à un plateau. Le refrain est rodé comme si c’était un tube, il peut rester en tête. Le convoi s’arrête pour la nuit et sommeille sur la berceuse qu’est ce morceau. Il est temps de se réveiller, de façon un peu martiale. On est parti avec le rythme martial de Wired for Light auquel s’ajoutent des instruments orientaux. C’est spécial. On sent bien que on traverse une passe un peu difficile mais que Katmandou s’approche. On change de paysage avec For Kalaja Mari. Ce paysage là est plus reposé, plus tranquille. Les voix des demoiselles nous portent sur les plateaux népalais. Le piano nous repose, tout se combine à merveille. White Elephant Coatnous instille un peu de gaité et redonne du cœur au ventre avec un rythme punchy, un clavier un peu dissonant, mais toujours assez motivé. Le début est un peu long à venir quand même. Et la voix arrive, en mineur. Un voile a recouvert le ciel, il faut avancer quand même. La pluie tombe, avec plus ou moins d’intensité, mais le voyage vers Katmandou doit continuer. La pluie s’intensifie avec Connjur. Mais la motivation aussi, bizarrement. Puis cela se calme avec les voix de deux filles qui apaisent un peu tout ça, et qui maintiennent un rythme soutenu, le voyage avance bien. La pluie se calme peu à peu et le soleil fini par revenir avec Sempiternal Amaranth. Un synthétiseur lancinant, des voix modifiées, tout nous demande de continuer, mais la motivation se perd. Katmandou approche, mais avancer devient de plus en plus ardu. Heureusement que Chainprend la suite avec ses sautes de notes qui boostent le moral des voyageurs. La chanson, joyeuse et bien ficelée, fait tout de suite remonter la motivation du convoi et c’est reparti. Le sol mouillé ne ralentit personne. Katmandou est proche. Katmandou est là. Prince of Peacenous le dit. Le rythme est là, la gaité aussi, on sent la vie de la grande ville de tous les rêves, de tous les hippies. On est impatient d’entrer au cœur de cette ville. Cela se fait finalement avec My Cabal. Le voyage touche enfin à sa fin, la récompense est là. Katmandou avec sa culture et toutes ses merveilles. Tout cela se retrouve dans le morceau qui nous laisse une impression d’accompli.
Note générale : 15/20 # Le côté voyage est très sympa, le tout est bien rodé.
La jeune Amanda Blank a explosé avec son duo avec Yuksek sur Extraballet fait partie de cette génération musicale qui sait tout faire. Composer, écrire, chanter, et j’en passe. C’est pourtant assez rare, et qui plus est quand la demoiselle en question est une jeune américaine blanche d’une vingtaine d’années. Après ses quelques collaborations et un EP, miss Blank se lance enfin et sort son premier album intitulé I Love You le 4 août 2009, pour nos amis américains. (Encore une fois, la France est à la masse, avec une sortie programmée pour le 14 septembre… Merci Mr FNAC pour les infos.)
L’album tranche un peu avec ce qu’on a pu en entendre. Tout le monde s’attendait à quelque chose dans le style d’Extraball, ce qui avait été plus ou moins confirmé avec le premier single, A Love Song, qui était très écoutable, qui samplait Santigold et qui restait très léger, très girly. Et pourtant. I Love You se compose de 11 titres, qui sont, globalement, au contraire de A Love Song, relativement lourds. On retiendra principalement Make Up, qui est à mon sens le morceau le plus lourd et le plus agressif pour les oreilles de cet album. Morceau qui reste quand même très girly sur les paroles ; je cite : « Blush, eye liner, crush, see what you made me do ![…] mascara, erase, I wanna look good for you ! ».
Le reste des morceaux est plutôt lourd mais se laisse quand même bien écouter, à un volume plutôt bas, si l’on tient à ses oreilles et à sa tête. Sinon, gare à la migraine ! Je retiens surtout Make It Take It, le premier morceau de l’album où le rap de la jeune américaine est très poussé, très performant. J’adore, c’est sans concession, c’est un peu produit, pas surproduit, mais assez pour que ça ne soit plus du brut de décoffrage. Et c’est comme ça que c’est bon. Je retiens aussi Might Like You Better pour le simple fait que son intro parlée et retouchée me fait penser à ce que pourrait faire Uffie dans son album annoncé (et repoussé pour la énième fois…) pour 2009.
On trouve pourtant 4 morceaux qui sont plus légers, plus musicaux. Parce que oui, le hip hop peut l’être, comme il peut être assez bourrin (c’est prouvé dans le reste de l’album, à des degrés divers !). A Love Song, Shame On Me, Big Heavy et Leaving You Behindsont beaucoup plus posées, peut être un peu plus matures, je ne sais pas vraiment. Toujours est-il qu’ils tranchent sur le reste de l’album et apportent la touche tranquille dont l’album avait besoin pour être réellement un bon album, travaillé et complet.
Je crois qu’avec cet album, Amanda Blank se lance enfin véritablement sur la scène musicale internationale. Un album complet qui est fait sans réelle concession, on sent une identité et une seule, malgré les trois collaborations réalisées.
Note générale : 15/20. #Bon début, à approfondir pour le prochain !